« Qui tient la femme tient tout » (Jules Ferry, 1870). Le contrôle de l’immigration familiale algérienne dans la France des Trente glorieuses
Muriel Cohen
n°39 (2010) Discrimination et exclusion
pp. 55-69
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Résumé de l’article
A partir de l’indépendance algérienne, les services administratifs en charge de l’immigration cherchent à limiter les arrivées sur le territoire français des familles algériennes, considérées comme « inassimilables ». La procédure dérogatoire instaurée en 1962, à l’issue des accords d’Evian, censée favoriser les Algériens par rapport aux autres étrangers, est détournée de son sens originel. Les conditions réglementaires d’introduction des familles algériennes sont nettement complexifiées par le biais de circulaires ministérielles. Les critères exigés des « chefs de famille » algériens, notamment concernant le logement, rendent le regroupement familial accessible uniquement aux plus favorisés socialement. Les agents en charge de l’instruction de ces dossiers sont prédisposés par leurs origines coloniales à manifester un certain zèle dans la mise en œuvre de cette politique. Celle-ci, combinée aux mesures spécifiques de contrôle des Algériens aux frontières, explique la faiblesse du nombre d’arrivées de familles algériennes en France entre 1962 et 1972, comparée à celles des autres nationalités.
