De l’usage de la notion de capital d’autochtonie dans l’étude des catégories supérieures
Sylvie Tissot
n°40 (2010) Mobilité/autochtonie : sur la dimension spatiale des ressources sociales
pp. 99-109
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Résumé de l’article
Cette note de recherche se propose de tester l’usage d’une notion, forgée et utilisée à l’occasion d’enquêtes sur les classes populaires – le capital d’autochtonie –, pour rendre compte des rapports à l’espace d’une fraction des classes supérieures. La réflexion développée ici repose sur une enquête menée auprès d’habitants fortunés venus s’installer dans un quartier ancien de centre-ville aux Etats-Unis. La notion de capital d’autochtonie permet de décrire le pouvoir qui se constitue alors qu’un espace se trouve approprié par un groupe de résidents mobilisés, et ce au détriment d’autres groupes. La manière dont un tel capital est constitué se distingue toutefois par un jeu d’échelles complexe : dans le cas étudié, la notabilité se construit sur la base de ressources multiples. Celles-ci ne se limitent pas au réseau associatif du quartier ; les notables étudiés ont bénéficié de soutiens plus larges (institutions culturelles, municipalité), et se revendiquent, en outre, d’une autochtonie très « internationale ».
